Photo: AFP/Thony Belizaire
Une femme transporte un enfant dans un camp de fortune de Port-au-Prince.
Une femme transporte un enfant dans un camp de fortune de Port-au-Prince.
La saison des pluies arrive à grands pas, avec ses ouragans et tempêtes tropicales. Des milliers de tentes. C'est bien ancré, des tentes, équipé pour des mois de pluies débutant normalement fin février. Les premières gouttes seraient tombées aujourd'hui. Encore bien des personnes à la -pour le moment- belle étoile. Pas l,argent suffisant pour se procurer les 100 quelques mille autres nécessaires.
« " C'est sûr qu'il faut regarder pour quelque chose de plus solide ", confirme Conrad Sauvé (secrétaire général et chef de la direction de la Croix-Rouge). » Quelque chose comme une terre située ailleurs que sur une faille, peut-être?
Source de l'image et de la citation: article Radio-Canada, ici.
Tandis que nous envoyons de l'aide gratuite, on doit continuer à se demander où ira cet argent. Cesser de déifier, en parfaits Occidentaux, de coiffer d'honneur et de prestige, de décorer de toutes les médailles celles et ceux qui souffrent, pour cette raison et encore davantage en fin de compte, celles et ceux qui vont participer à ce que je ne saurais nommer. Qui le saurait?
Humains. Caractéristiques d'humains. Pourquoi tout à coup tout le peuple haïtien serait-il infiniment bon, infiniment aimable et agacé par le « péché ». Alors même que l'on sait par la diaspora ou pas des gens interrogés là-bas, que le crime est bien présent. C'est comme lorsque quelqu'un meurt. Il devient absolument parfait. Mais de son vivant...
Quelque chose est mort, pour le meilleur ou le pire, en Haïti, je crois. Je ne peux imaginer d'autres catastrophes naturelles à la suite de celle-ci. Mais je suis certainement pessimiste (...). Phœnix attend encore d'arriver avant de revenir. L'occasion de naitre sans colonisation, sans « aide » extérieure, évidemment après cette situation d'urgence, sur une terre plus ferme ne parviendra-t-elle donc qu'en petits murmures exceptionnels? L'occasion pour ces gens parmi eux si déterminés, si convaincus que les bases doivent radicalement changer, qui recevraient (conditionnel présent/présent conditionnel) une formation, un peu d'éducation et pour les générations à venir, de plus en plus.
Nous habitons la planète Taire. Là où les sciences se déroulent sur l'écran de la BBC et sont diffusées de 18 à 19 h à radio-Canada, le dimanche, jour de repos et de distraction.
Tourner autour du pot, errer au fil du temps car le temps c'est de l'argent pour quelques-uns, dans ce pays où la culture enseigne que le temps n'a pas de valeur puisqu'on ne le paie pas, qu'il est gratuit.
De combien de temps dispose encore ce bout de terre? Non, décidément, le truc de la faille, je n'y arrive pas.
Silence, silence, silence étourdissant. Ambiophonique.
Ici-même, la vaste majorité ne fait plus confiance -et pour cause-, aux systèmes et organisations politiques en place, à quelque niveau gouvernemental que ce soit. Tout ce qui est subventionné vit dans la craintes de se faire couper les vivres, souvent déjà bien insuffisantes. Nombre de salariés/es se taisent, craignant les représailles, la perte d'un emploi déjà si souvent sans garantie, si précaire. Nous, qui recevons un minimum d'éducation académique et avons le droit de voter après une réflexion éclairée. Si « Que faire? » se pose ici, imaginons ailleurs, imaginons en Haïti.
Nous habitons la planète Taire.
Parfois, souvent, je ressens une sorte de honte, comme une peine collective portée par un grand nombre d'entre nous, qui avons ou prenons de plus en plus conscience de ce que d'autres, et nous dans une certaine mesure, détruisons, usant d'une carte de crédit dont la date d'expiration s'avère depuis longtemps dépassée. Nous pensons en passer une en douce à la planète qui nous héberge. Ne sommes-nous pas dieux, après tout. Une honte qui n'est pas générée par de la culpabilité. Plutôt par cette désolation de constater, comme humaine, toute cette misère, cette violence, cette indifférence.
Zed
« " C'est sûr qu'il faut regarder pour quelque chose de plus solide ", confirme Conrad Sauvé (secrétaire général et chef de la direction de la Croix-Rouge). » Quelque chose comme une terre située ailleurs que sur une faille, peut-être?
Source de l'image et de la citation: article Radio-Canada, ici.
Tandis que nous envoyons de l'aide gratuite, on doit continuer à se demander où ira cet argent. Cesser de déifier, en parfaits Occidentaux, de coiffer d'honneur et de prestige, de décorer de toutes les médailles celles et ceux qui souffrent, pour cette raison et encore davantage en fin de compte, celles et ceux qui vont participer à ce que je ne saurais nommer. Qui le saurait?
Humains. Caractéristiques d'humains. Pourquoi tout à coup tout le peuple haïtien serait-il infiniment bon, infiniment aimable et agacé par le « péché ». Alors même que l'on sait par la diaspora ou pas des gens interrogés là-bas, que le crime est bien présent. C'est comme lorsque quelqu'un meurt. Il devient absolument parfait. Mais de son vivant...
Quelque chose est mort, pour le meilleur ou le pire, en Haïti, je crois. Je ne peux imaginer d'autres catastrophes naturelles à la suite de celle-ci. Mais je suis certainement pessimiste (...). Phœnix attend encore d'arriver avant de revenir. L'occasion de naitre sans colonisation, sans « aide » extérieure, évidemment après cette situation d'urgence, sur une terre plus ferme ne parviendra-t-elle donc qu'en petits murmures exceptionnels? L'occasion pour ces gens parmi eux si déterminés, si convaincus que les bases doivent radicalement changer, qui recevraient (conditionnel présent/présent conditionnel) une formation, un peu d'éducation et pour les générations à venir, de plus en plus.
Nous habitons la planète Taire. Là où les sciences se déroulent sur l'écran de la BBC et sont diffusées de 18 à 19 h à radio-Canada, le dimanche, jour de repos et de distraction.
Tourner autour du pot, errer au fil du temps car le temps c'est de l'argent pour quelques-uns, dans ce pays où la culture enseigne que le temps n'a pas de valeur puisqu'on ne le paie pas, qu'il est gratuit.
De combien de temps dispose encore ce bout de terre? Non, décidément, le truc de la faille, je n'y arrive pas.
Silence, silence, silence étourdissant. Ambiophonique.
Ici-même, la vaste majorité ne fait plus confiance -et pour cause-, aux systèmes et organisations politiques en place, à quelque niveau gouvernemental que ce soit. Tout ce qui est subventionné vit dans la craintes de se faire couper les vivres, souvent déjà bien insuffisantes. Nombre de salariés/es se taisent, craignant les représailles, la perte d'un emploi déjà si souvent sans garantie, si précaire. Nous, qui recevons un minimum d'éducation académique et avons le droit de voter après une réflexion éclairée. Si « Que faire? » se pose ici, imaginons ailleurs, imaginons en Haïti.
Nous habitons la planète Taire.
Parfois, souvent, je ressens une sorte de honte, comme une peine collective portée par un grand nombre d'entre nous, qui avons ou prenons de plus en plus conscience de ce que d'autres, et nous dans une certaine mesure, détruisons, usant d'une carte de crédit dont la date d'expiration s'avère depuis longtemps dépassée. Nous pensons en passer une en douce à la planète qui nous héberge. Ne sommes-nous pas dieux, après tout. Une honte qui n'est pas générée par de la culpabilité. Plutôt par cette désolation de constater, comme humaine, toute cette misère, cette violence, cette indifférence.
Zed



