AGACE-NEURONES


Des nouvelles de votre idole, maitre en éthique et morale (ben quoi, les siennes!)

Haïti : l'argent se rendra-t-il là où il devrait

mardi 9 février 2010

Parfois, la honte...

Photo: AFP/Thony Belizaire
Une femme transporte un enfant dans un camp de fortune de Port-au-Prince.

La saison des pluies arrive à grands pas, avec ses ouragans et tempêtes tropicales. Des milliers de tentes. C'est bien ancré, des tentes, équipé pour des mois de pluies débutant normalement fin février. Les premières gouttes seraient tombées aujourd'hui. Encore bien des personnes à la -pour le moment- belle étoile. Pas l,argent suffisant pour se procurer les 100 quelques mille autres nécessaires.

« " C'est sûr qu'il faut regarder pour quelque chose de plus solide ", confirme Conrad Sauvé (secrétaire général et chef de la direction de la Croix-Rouge). » Quelque chose comme une terre située ailleurs que sur une faille, peut-être?

Source de l'image et de la citation: article Radio-Canada, ici.

Tandis que nous envoyons de l'aide gratuite, on doit continuer à se demander où ira cet argent. Cesser de déifier, en parfaits Occidentaux, de coiffer d'honneur et de prestige, de décorer de toutes les médailles celles et ceux qui souffrent, pour cette raison et encore davantage en fin de compte, celles et ceux qui vont participer à ce que je ne saurais nommer. Qui le saurait?

Humains. Caractéristiques d'humains. Pourquoi tout à coup tout le peuple haïtien serait-il infiniment bon, infiniment aimable et agacé par le « péché ». Alors même que l'on sait par la diaspora ou pas des gens interrogés là-bas, que le crime est bien présent. C'est comme lorsque quelqu'un meurt. Il devient absolument parfait. Mais de son vivant...

Quelque chose est mort, pour le meilleur ou le pire, en Haïti, je crois. Je ne peux imaginer d'autres catastrophes naturelles à la suite de celle-ci. Mais je suis certainement pessimiste (...). Phœnix attend encore d'arriver avant de revenir. L'occasion de naitre sans colonisation, sans « aide » extérieure, évidemment après cette situation d'urgence, sur une terre plus ferme ne parviendra-t-elle donc qu'en petits murmures exceptionnels? L'occasion pour ces gens parmi eux si déterminés, si convaincus que les bases doivent radicalement changer, qui recevraient (conditionnel présent/présent conditionnel) une formation, un peu d'éducation et pour les générations à venir, de plus en plus.

Nous habitons la planète Taire. Là où les sciences se déroulent sur l'écran de la BBC et sont diffusées de 18 à 19 h à radio-Canada, le dimanche, jour de repos et de distraction.

Tourner autour du pot, errer au fil du temps car le temps c'est de l'argent pour quelques-uns, dans ce pays où la culture enseigne que le temps n'a pas de valeur puisqu'on ne le paie pas, qu'il est gratuit.

De combien de temps dispose encore ce bout de terre? Non, décidément, le truc de la faille, je n'y arrive pas.

Silence, silence, silence étourdissant. Ambiophonique.

Ici-même, la vaste majorité ne fait plus confiance -et pour cause-, aux systèmes et organisations politiques en place, à quelque niveau gouvernemental que ce soit. Tout ce qui est subventionné vit dans la craintes de se faire couper les vivres, souvent déjà bien insuffisantes. Nombre de salariés/es se taisent, craignant les représailles, la perte d'un emploi déjà si souvent sans garantie, si précaire. Nous, qui recevons un minimum d'éducation académique et avons le droit de voter après une réflexion éclairée. Si « Que faire? » se pose ici, imaginons ailleurs, imaginons en Haïti.

Nous habitons la planète Taire.



Parfois, souvent, je ressens une sorte de honte, comme une peine collective portée par un grand nombre d'entre nous, qui avons ou prenons de plus en plus conscience de ce que d'autres, et nous dans une certaine mesure, détruisons, usant d'une carte de crédit dont la date d'expiration s'avère depuis longtemps dépassée. Nous pensons en passer une en douce à la planète qui nous héberge. Ne sommes-nous pas dieux, après tout. Une honte qui n'est pas générée par de la culpabilité. Plutôt par cette désolation de constater, comme humaine, toute cette misère, cette violence, cette indifférence.





Zed






samedi 6 février 2010

Minnie



N'imaginez-vous jamais ces moments de la vie, plus tard, ou vous irez fouiller, à moins que vous n'y alliez déjà, dans le coffret des souvenirs trésors?



L'un des plus beaux cadeaux à vie que j'aie reçus...

Ma voisine d'alors, devenue une amie, soignait, de concert télépathique d'abord, puis entendu, avec moi et même plus que moi car elle la laissait entrer chez elle, un chatte assez maltraitée toujours en quête de nourriture, pratiquement toujours dehors hiver comme été, mais surtout, surtout, même sans nourriture, avide d'affection, de câlins, de paroles, de présence, d'attention.

Je l'aimais tendrement. Pauvre Minnie, avec ses cataractes sévères, elle voyait certainement davantage avec son odorat et son cœur!

Elle avait compris qu'elle ne pouvait entrer chez moi (mes chats, qui ne sortent pas!!!). Elle aurait bien voulu et moi aussi, mais cela était impossible. Alors, elle venait pratiquement tous les jours m'attendre, assise sagement devant la porte, pour faire le chemin de notre rue en ma compagnie. Et moi j'allais travailler le cœur rempli de sa tendresse et de sa fidélité. Un jour, alors que nous nous demandions où elle avait bien pu passer, nous avons appris avec une immense tristesse qu'elle était morte.

Mon amie m'avait donné une photo de Minette chérie allongée sur son divan. Mais au-delà, un jour, elle est venue à mon insu (donc ayant confiance en notre intimité) sur le petit bout de terrain devant la maison et a fabriqué une petite chatte de neige (son intention, son temps, sa vie). Je l'ai aperçue du haut du troisième de ma maison cottage attachée et j'en suis encore tellement touchée, plus de dix ans plus tard.



C'est ce que je racontais à Marcel, en réponse à son mini-billlet :

« La tentation n'est-elle pas grande de tirer ta pelle par la manche et de lui faire participer à la création de personnages de neige?

N'oublie pas les chats.

(...)

Imbattable, ce cadeau. Je devrais en faire un billet. »




Zed

samedi 30 janvier 2010

Faille et vanité...


Cela demeurera pour moi un mystère : comment aura-t-on pu organiser une conférence autour de la « re » construction d’Haïti sans aborder l'existence de la faille géologique.

Sans que quiconque ne lève la main, s’oppose, ne signale du petit doigt, de quelques mots, même!

On a bien tourné autour du pot : gouvernement corrompu, aide qui n’arrivera pas à destination, manque de structures, d'infrastructures, recherche d’expertise extérieure pour la construction de bâtiments selon des normes antisismiques, allant jusqu’à comparer Haïti avec le Japon où se produisent nombre de secousses (qui donc a peur des secousses???), « protégé » par des normes et des technologies permettant, si j’ai bien saisi, l’expansion des matériaux plutôt que leur cassure.

Il semblerait que les maisons, villas de riches, plutôt copains avec les Américains, faisant des affaires avec eux, profitant des manipulations que l’on connait, aient elles été construites selon des critères bien supérieurs. Croyez-vous que ces villas ont été touchées?

Je me suis appliquée à tenter de retenir les interventions qui m’ont semblé les plus pertinentes, tout en ne prêtant aucune oreille de plus aux témoignages venus de ci de là où je me serais sentie « voyeuse » et changeant de poste lorsque la personne criait et parlait plus fort que mes hautparleurs, n’écoutant rien ni personne.

Pendant la semaine, j’en ai noté quelques-unes, en provenance de personnes d’origine haïtienne appartenant à la riche diaspora des cerveaux haïtiens. C’est de là qu’à profusion étaient lancées comme de la dynamite idéologique, les critiques les plus radicales. Qui d’autre aurait osé aller aussi loin?

Voici quelques résumés dont l’esprit est sauf, je crois. Entre parenthèses, des bribes de ma réflexion


. On fait appel à la diaspora alors que toute personne quittant Haïti perd irrémédiablement sa nationalité. Aider à quel titre, alors? Si on le voulait, comment notre engagement, nos réflexions, nos possibles prises de décision seraient-ils perçus par les gens demeurés sur place? Ne serions-nous pas des intrus? De quel droit agirions-nous? Cela ne constituerait-il pas une déclaration d'incompétence, de non confiance face au peuple haïtien et à son droit à l’autodétermination?

. La prison étant détruite, bien des policiers morts, voilà les prisonniers au large, avec en bonus, un dossier vierge. Parmi eux, de nombreux narcotrafiquants, Haïti étant une plaque tournante en la matière, près du continent américain et des États-Unis plus particulièrement. Croyez-vous qu’ils vont maintenant s’amender? Bien sûr que non. Ils en profiteront pour recommencer, plus en profondeur cette fois, étant donné la situation de chaos actuelle. Leur domination et leur prise de contrôle est redoutée.

. (Outre l’omniprésence de différents groupes religieux et leur influence marquée dans la manipulation que l’on connait et l’omniprésence du vaudou, cohabitant depuis des lunes avec les autres croyances religieuses chrétiennes), il faut savoir que tout un chacun s’ouvre là-bas un organisme afin d’obtenir de l’argent affirmait cette personne.

(Rassurant pour notre argent)

. « Pourquoi continuez-vous à donner des sommes faramineuses si ça ne marche pas? » s’exclamait une dame, si justement.

(Il faut que la population se prenne en mains.)

. Préval : s’il est honnête (diverses opinions entendues), il est bien trop faible pour faire quoi que ce soit.

. Je n’ai aucune confiance dans ce gouvernement (bon nombre de fois entendu). La corruption règne partout. Le gouvernement, les personnes corrompues, vont simplement prendre l’argent et se partager le gâteau.

. La Maison d’Haïti : on se dit débordés, d’autant que d’autres organismes ferment leurs portes. Les gens ont d’abord besoin de soutien.

(Qui d’autre, d’une autre origine ira prêter main forte? Il faudra s’armer de patience, changer de bases idéologicoculturelles, face à une culture si différente de la nôtre, nous qui savons si bien « intégrer ».)

Autrement …

Nouvelle intéressante : des personnes d’origine haïtienne accueillies ici par l’UQTR, grâce à un réel programme d’accueil, incluant l’hébergement, pour fins d’études.

Nouvelle inquiétante : le parrainage d’écoles… là-bas. Quelles sortes d’écoles? Avec ou sans crucifix?

Demandes possibles afin d’obtenir une double nationalité même de l’extérieur. (Le gouvernement et les gens d’affaires (sic) y trouveraient-ils un avantage? On peut en douter.)

Accorder aux femmes la responsabilité de la gestion de l’argent. Et avec quel pouvoir? Quelle éducation? Quelle entourloupette masculine à laquelle elle sera sensible, éduquée pour charmer, séduire, obéir? Environ 40 % des foyers sont monoparentaux féminins. Du travail contre les stéréotypes à faire? Croyez-vous… On le saurait! Il y aurait des sidatiques, à titre d’exemples…

L’économie extérieure va bon train dans ses projets de « re » construction. On parle d’utiliser nos forêts québécoises sans parler de notre propre déforestation. $$$. De notre expertise en matière de logement préfabriqué. $$$ Il y en aurait pour plusieurs bouffeurs de gâteau de par le monde.

Ne pourrait-on pas déjà à vol d’oiseau deviner qui prendra quelle part?



Dans tout cela, rien au sujet de la faille géologique.

Rien du partage des pouvoirs entre organisation externe, ardemment désirées par les intervenants/es d'origine haïtienne. Il faudrait ménager la susceptibilité et la fierté du gouvernement et du peuple haïtien. Mettre une image devant et en réalité, assurer les arrières.

Problème hautement complexe : ce n’est guère le temps d’en rajouter sur la douleur du peuple haïtien. D’un autre, voir plus loin que le bout de son nez. Qui osera trancher, alors qu’une prochaine réunion est déjà prévue en mars, à New-York, où des résultats sont attendus. Il n’y a donc pas que notre Charestte qui court devant les bœufs?

À un manque de structure, d’infrastructure, superposons plus d’absence de cohésion encore, plus de manque d’organisation, moins de décisions.

À l’image de ces Haïtiens reconstruisant en ce moment même avec les débris, par-dessus les anciennes demeures, de nouvelles « demeures », malgré les avertissements du gouvernement.

De toute manière, « Celui » (surement de sexe masculin dans l’imaginaire populaire) qui décidera est là-haut.

Haïti… Je ne sais plus distinguer laquelle est la métaphore de l'autre. De la faille dessous ou de celle qui la supporte, avec toutes ses fissures idéologiques, culturelles.

Tandis que la vanité de l’humain s’obstine à se croire le maitre d’œuvre de la Nature, créée pour son usage, incluant la moitié de sa population qui cause bien des dommages, la femme, profitant de ce qu’une majorité croit que le véritable décideur est invisible, de son sentiment de profonde impuissance, de la colère impossible, la Terre poursuit son bout de chemin dans l’univers. Ses trous noirs pas qu’autour.

Les géologues avaient pourtant prévenu. D’autres secousses ont eu lieu. On prévoit qu’une nouvelle secousse, plus grave que cette toute dernière pourrait se produire très bientôt. Qui donc y sera sensible? Où est le petit doigt qui se lèvera? Qui envisagera le FUTUR de notre Terre et la nécessité de répartir ce qui en reste autrement? Qui donc verra plus loin que $$$ et pensera réellement à la surpopulation, entre autre, s’il est un problème environnemental pressant au même titre que les GES et autres cochonneries.

On peut rêver! Je regardais sur Youtube cette vidéo de monsieur ayant plusieurs épouses, que sa femme ne quittait pas et qui a finalement invité le vrai dieu à prendre la place du vaudou dans sa vie…


La catastrophe est au passé composé, parait. Il faudrait être rassurées/es puisque des enfants auront été sauvés, c'est vrai, une bonne nouvelle, puisqu'elle s'inscrit dans le cours normal du processus d'adoption. D'autres sont volés, certainement violés aussi, actuellement. Impossible de tout vérifier. Ce n'est pas moi qui le dit. Moi qui ne peux que lever ma petite voix. J’écouterais encore Satie et ses Gymnopédies pour me convaincre, juste une parcelle d'instant. C'était trop court, à la radio.

Remercier de ce que nous avons, c'est sans aucun doute un pas devant. D'autres restent à faire, mais celui-là prend déjà parfois un tel courage, nous qui n'avons la plupart du temps comme toute référence, notre ici.

Le « reste » nous attend pourtant, nous dont le passage n'aura jamais virtuellement eu existé dans la grande Histoire de l'Univers et dans celle de cette Terre, en lambeaux.






Zed